André Fortino

en résidence du 2 au 11 juillet 2019

en partenariat avec le FRAC PACA

André Fortino est accueilli en résidence à Montévidéo pour son exposition Jouer avec le feu.

 

Après une première expérience en 2016, André Fortino est reparti en voyage en Inde au début de l’année 2019 pour suivre les cérémonies des Theyyams qui ont lieu dans le nord du Kerala. Les Theyyams sont des personnages, parfois des héros ou bien des divinités, incarnés à cette occasion par des artistes qui en revêtent les costumes et se griment selon des codes permettant au public de les identifier. Ces accessoires autorisent les artistes à devenir « personnage » et par conséquent à bouger et agir en vertu des qualités de force et de caractères des figures qu’ils incarnent. Ce qui intéresse André Fortino c'est la recherche d'invariants, qu'il peut, voir, cerner, transposer, exfiltrer, réinterpréter, pour en tester la force et la validité au sein d’autres régimes de présences ou de champs sociaux. Se laisser prendre prendre par une forme étrangère et familière à la fois permet a posteriori de revenir à soi étrangement différent. La documentation de cet apprentissage par l’écriture et la vidéo sera la matière première de cette exposition à Montévidéo et au FRAC. L’exposition à Montévidéo proposera des vidéos sur la question de l’incarnation et de l’interprétation en associant les figures occupant traditionnellement les cérémonies des Theyyams aux autres personnages qui constellent le travail de l’artiste. De nouvelles vidéos et une sélection d'oeuvres plus anciennes seront exposées.    

 

Le travail d’André Fortino est caractérisé par la puissance qui émane de partis pris et de protocoles qu’il applique sans concession à sa pratique. Il s’y investit physiquement tout autant qu’intimement en se mettant en scène au sein de fictions dont les personnages incarnent parfois en filigranes la figure tragique et ironique de l’artiste dans son inscription sociale et politique. Sa pratique de la performance l’a peu à peu amené à construire des objets cinématographiques à partir des différentes versions d’un même protocole, jusqu’à l’épuisement de son propre corps, en en multipliant les ressorts dramaturgiques. Chez André Fortino l’écriture cinématographique est avant tout dictée par les gestes issus d’une rencontre parfois violente entre son corps et un environnement composé et choisi. Ces dernières années André Fortino a cédé la place qu’il occupait dans ses films aux amis, proches, complices ou encore inconnus. Son cinéma s’attache désormais à les regarder se transmuer, se déployer, se réinventer dans le cadre temporel qu’il leur propose et qui génère un espace de liberté. À travers eux il contemple la manière dont ces expériences informent et nourrissent des corps qui se réinventent.