Théo Mercier & Steven Michel

en résidence du 15 au 27 juillet 2019

 

Théo Mercier et Steven Michel sont accueillis en résidence à Montévidéo pour leur création BIG SISTERS (titre en cours).

 

De nos jours, l'avancée technologique parvient à faire communiquer deux ou plusieurs objets entre eux grâce à une connexion constante de serveurs, une circulation fluide d'informations et une autonomie d'énergies. C'est à ces objets domestiques et connectés que l'Homme a confié ses désirs, ses besoins et ses secrets, à présent stockés dans un nuage virtuel à surveillance précaire. À distance et sans fil, ces appareils dotés d'absence et de pouvoirs d'extension se font tantôt compagnons, serviteurs d'un royaume à obsolescence programmée, tantôt infiltrés et espions, envers mais aussi contre tous. Dans BIG SISTERS, les corps de quatre femmes oscillent entre cellule familiale, constellation, rituel et pacte secret. Elles tissent des liens et des réseaux entre elles, des relations en veille et des gestes flottant en l'air, faisant apparaître une véritable chorégraphie de l'invisible. Moins narratif et sans doute plus abstrait que son volet précédent Affordable Solution for Better Living, BIG SISTERS signe un nouveau pacte avec l'espace domestique. Dématérialisant nos corps et hantant nos désirs, les objets connectés ne seraient-ils pas les nouveaux poltergeists de nos maisons ?

 

Théo Mercier
Artiste plasticien et metteur en scène, Théo Mercier est né à Paris en 1984 et vit aujourd’hui entre Paris et Mexico. En véritable autodidacte, Théo Mercier revendique depuis ses débuts une grande liberté formelle, s’employant à déconstruire les mécanismes de l’histoire de l’art, des objets et des représentations dans laquelle il remonte d’harmonieuses contradictions. Il impose paradoxe, étrangeté et humour comme point de vue plastique. En résultent une œuvre tentaculaire, une cosmogonie peuplée de mythes dystopiques, de sculptures iconoclastes et de performances où s’affrontent images et clichés, discours dominants et dominés, fantasmes, inconscients et mémoires collectives dans une cacophonie ordonnée. Puisant dans le monde la matière première de son travail, Théo Mercier mène une réflexion située au carrefour de l'anthropologie, de la géopolitique et du tourisme. Entre mises en scènes chorégraphiées et explorations de la matière, il associe une pratique de créateur et de collectionneur, à travers laquelle il met en place un échange foisonnant entre passé, présent et futur, vie et mort, animé et inanimé, vrai et faux, artisanal et industriel, profane et sacré, réel et fiction. Oscillant indistinctement entre facticité et authenticité, son travail interroge l’artificialité de nos représentations collectives et la fabrique de l’Histoire. Repéré en 2009 au Salon de Montrouge puis en 2010 avec son célèbre Solitaire, sculpture anthropomorphe faite de spaghetti cuits, à l’exposition DYNASTY au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris et au Palais de Tokyo, Théo Mercier a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2013 avant d’être nominé pour le prix Marcel-Duchamp en 2014. Depuis, il a bénéficié depuis d’expositions personnelles importantes au Museo El Eco à Mexico (Gold war wall, 2017) et au Musée de l’homme à Paris (Pièces rapportées, 2017), au [mac] Musée d’art contemporain de Marseille (The Thrill is gone, 2016), au Lieu Unique à Nantes (Le grand MESS, 2013), au Tri Postal de Lille (Desperanza, 2012) et avec les galeries Gabrielle Maubrie et Bugada et Cargnel à Paris, la galerie Marso à Mexico et la galerie Michael Fuchs à Berlin. Il a actuellement deux nouvelles expositions personnelles au Musée de la Chasse et de la Nature et au Centquatre à Paris en 2019. Parmi les expositions collectives auxquelles il a participé, on peut citer Hello world (Hamburger Banhof à Berlin, 2018), Hybrides, le corps en question (Palacio Bellas Artes, Mexico, 2018), Dans l’atelier (FRAC Bretagne, Rennes, 2018), The Silent Echo (Musée du site archéologique de Baalbek, Liban, 2016), Chercher le garçon (au MAC VAL à Vitry-sur-Seine, 2015) et Le surréalisme et l’objet (Musée national d’art moderne - Centre Pompidou à Paris, 2013). Depuis 2014, Théo Mercier développe un travail de mise en scène dans le champ du spectacle vivant et de la performance. A son retour de la Villa Medicis, il présente en 2014 Du futur faisons table rase au MAC de Créteil, une fresque théâtrale et iconoclaste avec François Chaignaud, Jonathan Drillet, Pauline Jambet, Philippe Katerine, Marlene Saldana et le groupe Sexy Sushi. En 2016, à l’invitation de la Ménagerie de verre à Paris, il signe Radio Vinci Park avec le chorégraphe et danseur François Chaignaud, une pièce conçue comme un duel motomachique pour un parking souterrain. Artiste associé au CDN Nanterre-Amandiers depuis 2016, Théo Mercier présente en 2017 La Fille du collectionneur, un spectacle autour de la collection fantôme où il propose au spectateur une visite d’un genre unique, entre enquête policière et quête esthétique. En 2018, il présente Affordable Solution for Better Living, un solo dansé qu’il co-signe avec le chorégraphe et interprète Steven Michel, autour du mobilier IKEA, où ils explorent les relations ambigües qui existent entre la philosophie du « beau pour tous » prônée par le géant suédois de l’immobilier en kit et la standardisation du corps, des gestes et des émotions dans un monde post-moderne. Théo Mercier et Steven Michel recevront le Lion d’Argent à la Biennale de la danse de Venise 2019 pour Affordable Solution for Better Living. Ensemble, ils préparent actuellement le second chapitre de cette recherche, Big Sisters, une pièce mise en scène et chorégraphiée pour trois à quatre danseuses et prévue pour le printemps 2020. Ses performances ont été montrées au CDN Nanterre-Amandiers, à la Villette et la Ménagerie de verre à Paris, à l’Usine C à Montréal, The Invisible dog Art Center de New York, au Festival Actoral de Marseille, à Bonlieu Scène nationale Annecy, Dampfezentrale à Bern, au Vooruit Center et à CAMPO à Gand, à Vidy-Lausanne ou encore à La Bâtie-festival de Genève. Passant d’une pratique du « white cube » à celle de la « boite noire », Théo Mercier parvient à créer un continuum artistique peuplé de sculptures dansantes, d’installations au destin tragique, d’images vivantes et de personnages exposés. Un espace où la matière-même de son travail devient le « regard » du visiteur-spectateur. 
Parallèlement, Théo Mercier crée également des images originales pour des groupes de musique, tels que Phillippe Katerine, Connan Mockasin, Soft Hair, Sexy Sushi, RBK Warrior, Juliette Armanet ou Agar Agar.

 


Steven Michel
Steven Michel (France, 1986-) a étudié le mime et le cirque dès son plus jeune âge, la danse et la percussion à son adolescence avant de s’installer à Bruxelles en 2006. Il a étudié à l’école de danse P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios), dirigée par Ann Teresa De Keersmaeker, et en sort diplômé en 2010. En 2009, Steven est en résidence à Johannesburg (Afrique du Sud) où il crée le duo ±Even but Odd, en collaboration avec Nicholas Aphane. Leur travail est centré sur  le rythme et la percussion corporelle. Le duo est présenté dans plusieurs théâtres en Europe, tout comme le solo de Steven, The Desert of Milestones (2010). La création de ce solo a pour point de départ l’idée de composer des partitions et des rythmes corporels qui embarquent le spectateur dans une fiction faite d'images et de sons. Avec le soutien du réseau DEPARTS, Steven part en résidence à MDT et Dansenhus à Stockholm pendant l'été 2012. Il collabore avec le danseur/chorégraphe Marcus Baldemar sur leur prochain projet Model, en référence au cinématographe français Robert Bresson. Dans cette recherche ils empruntent le vocabulaire de la cinématographie afin de développer une méthode performative et chorégraphique. Steven a travaillé en tant qu’interprète avec des chorégraphes, metteurs en scène et réalisateurs tels que David Zambrano (Shock), Anouk Van Dijk et Falk Richter (Rausch, For The Disconnected Child), Lukas Dhont (L’Infini), Daniel Linehan (Being Together Without Any Voice) et Maud Le Pladec (Democracy, Professor), ainsi que les artistes plasticiens Theo Mercier et Sarah&Charles. Depuis 2012 il collabore en tant qu'interprète avec le chorégraphe belge Jan Martens (Sweat Baby Sweat, Victor, The Dog Days are Over, The Common People). En 2014, Steven entame une recherche basée sur le thème d’Audio-Vision. La recherche reçoit le soutien des autorités flamandes. Ses idées et ses fascinations le font creuser dans la dimension rhizomatique de la relation audiovisuelle, en tant que stimulation mentale mais aussi comme pure expérience sensorielle. En 2016 il crée son solo They Might Be Giants (2016), actuellement en tournée. Pour la scénographie il collabore avec les artistes visuels Sarah&Charles. They Might Be Giants transporte le spectateur dans un endroit où la musique et les images viennent chatouiller l'imaginaire et chambouler les perceptions. Le solo s'interroge sur les rapports entre l'artificiel, le naturel, l'animé, l'inanimé, l'immatériel et le monumental. Steven prépare actuellement une nouvelle recherche sous forme de laboratoires performatifs, qui ouvrirait un espace de chantier à des artistes venant de différentes disciplines. Une recherche qui utilise la diversité méthodologique pour construire  des ponts vers de nouveaux domaines de connaissance et d'expérience. Ne pas se limiter à une discipline, ou à un outil, mais changer les rôles et les approches, explorer divers objets et brouiller les frontières entre différents modes d'expression. Il souhaite continuer à explorer et jouer autour de correspondances qui le suivent dans ses démarches artistiques, comme la science et la fiction, le miniature et le monumental, l'harmonie et le chaos, le mode majeur et le mode mineur, l'oeil et l'oreille, l'analogue et le digital. Avec Théo Mercier, il a créé Affordable Solution for Better Living en 2018, et ils préparent actuellement ensemble le second chapitre de cette recherche, Big Sisters, une pièce mise en scène et chorégraphiée pour trois à quatre danseuses prévue pour le printemps 2020.